Action ou taxation - Le défi fiscal français
Philippe LACOUDE & Frédéric SAUTET
avec la participation de
Henri LEPAGE, Philippe NATAF, Véronique de RUGY & Pascal SALIN
Préface de Jacques RAIMAN
Avril 1996
Editions Slatkine
Paris, Genève
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4ème de couverture
Depuis plus de vingt ans, les hommes politiques
nous promettent le grand soir fiscal lorsque "des marges de
manoeuvre auront été dégagées". Pourtant,
une amélioration de la situation économique ne peut
justement venir que d'une réforme fiscale de grande ampleur.
Ce livre démontre que le discours des collectivistes qui nous
gouvernent relève d'une mystification électoraliste à
courte vue plus que d'une gestion responsable de l'Etat.
A l'étranger comme en France, en théorie
comme en pratique, les hausses de l'impôt tuent l'impôt.
A contrario, dans le passé, toutes les baisses d'impôt
ont conduit à une multiplication des revenus et donc des
recettes fiscales : l'impôt élevé détruit
l'activité économique.
Nos institutions conduisent à la manipulation
de l'information et de l'idéologie ambiante. Antidote, ce
livre est conçu comme un ensemble de munitions intellectuelles
à l'usage de ceux qui produisent encore malgré le
fantastique racket dont ils sont victimes.
Sommaire
| Préface | par Jacques Raiman |
| Introduction | par Frédéric Sautet |
| Les maux français, un diagnostic | |
| - Le problème de l'impôt | par Pascal Salin |
| - Crises et cycles de l'offre | par Henri Lepage |
| - La crise monétaire institutionnalisée | par Frédéric Sautet |
| - Les obstacles à l'emploi | par Pascal Salin |
| - Des déficits budgétaires | par Philippe Nataf |
| Une théorie réaliste de l'impôt | |
| - Introduction historique | par Philippe Lacoude |
| - Les effets de l'impôt sur l'arbitrage entre le présent et le futur | par Frédéric Sautet |
| - L'impôt et l'arbitrage entre activité marchande et non marchande | par Frédéric Sautet |
| - L'effet LAFFER est un phénomène universel de l'impôt | par Frédéric Sautet |
| Des réformes fiscales dans le monde | par Philippe Lacoude |
| - La Grande Bretagne | |
| - Les Etats-Unis d'Amérique : Un siècle de réformes | |
| - Une expérience française | |
| Les remèdes à la crise fiscale | |
| - Une fiscalité basse... | par Philippe Lacoude |
| - non progressive... | par Frédéric Sautet |
| - et moins pénalisante pour l'épargne | par Philippe Lacoude et Pascal Salin |
| Les hommes de l'Etat et l'impôt | |
| - L'horizon politique est le mandat | par Philippe Lacoude |
| - La nature de la science économique | par Véronique de Rugy |
| - La nature de l'Etat | par Véronique de Rugy |
| Conclusion | par Philippe Lacoude |
| Annexes | |
| - La pression fiscale réelle | par Philippe Lacoude et Frédéric Sautet |
| - Quelques idées chiffrées pour une réforme | par Philippe Lacoude |
| - Taxation à l'"entrée" ou à la "sortie"? | par Philippe Lacoude |
| - L'iniquité de l'impôt en France | par Frédéric Sautet |
| - Exemples de fonctionnement de l'impôt sur la dépense | par Pascal Salin |
| Bibliographie | |
| Index | |
| Sommaire | |
Les auteurs
(par ordre d'écriture du texte)
Jacques RAIMAN, ancien Président et fondateur de GSI - Générale de Service Informatique -,
est connu pour être, "en France, le chef d'entreprise le plus fermement acquis aux thèses de
l'économie de l'offre". Il a participé à de nombreux travaux officiels sur les problèmes
économiques français dont la Commission sur les Obstacles à l'Emploi réunie par le Premier
Ministre Edouard BALLADUR. Jacques RAIMAN est Professeur associé à l'Université Paris-Dauphine
où il enseigne l'économie monétaire et le management par la qualité totale.
Pascal SALIN est Professeur à l'Université Paris-Dauphine où il enseigne les systèmes
monétaires internationaux et l'analyse économique de la fiscalité. Auteur de nombreux
ouvrages, parmi lesquels La vérité sur la monnaie (Paris, Odile Jacob, 1990),
Macro-économie (Paris, PUF, 1991), Libre-échange et protectionnisme
(Paris, PUF, collection "Que sais-je?", 1991), La concurrence
(Paris, PUF, collection "Que sais-je ?", 1995), il s'est beaucoup intéressé au
problème de l'impôt qu'il a traité dans de nombreux articles, ainsi que dans
L'arbitraire fiscal (Paris, Robert Laffont, 1985, réédité par les éditions
Slatkine en 1996, avec une préface d'Alain MADELIN). Comme Jacques RAIMAN, Pascal
SALIN a été membre de la Commission sur les Obstacles à l'Emploi en 1993. Depuis 1994,
il est Président de la Société du Mont Pèlerin, association internationale de personnalités
libérales, fondée en 1947 par le prix Nobel d'économie Friedrich HAYEK.
Henri LEPAGE, économiste, est délégué général de l'Institut Euro 92, centre d'analyse
économique privé présidé par Alain MADELIN. Il est l'auteur de nombreux ouvrages qui ont
joué un rôle important dans le renouveau d'intérêt pour les idées libérales, parmi lesquels
Demain le capitalisme (Paris, Hachette, Pluriel, 1978), Demain le libéralisme
(idem, 1980), Pourquoi la propriété? (idem, 1985), La nouvelle économie
industrielle (idem, 1989). Il enseigne l'économie industrielle en licence d'économie
à l'Université Paris-Dauphine.
Frédéric SAUTET poursuit une thèse sous la direction de Pascal SALIN dans le cadre du
Centre de Recherche en Théorie Economique Jean-Baptiste Say à l'Université Paris-Dauphine.
Parallèlement, il étudie la théorie de la firme dans l'analyse autrichienne à New York
University sous la direction du Professeur Mario RIZZO. Il enseigne cette matière en
licence d'économie à l'Université Paris-Dauphine.
Philippe NATAF, diplômé de l'Institut de Statistique (ISUP), est titulaire d'un Ph.D.
américain et d'une habilitation à diriger des recherches en économie. Chargé de cours aux
Universités Paris-VI et Paris-Dauphine, directeur d'un institut de formation permanente,
le CEFGEC, il enseigne principalement l'économie et la gestion des entreprises. Spécialisé
dans les questions monétaires et les fluctuations conjoncturelles, il est directeur de
thèses de doctorat.
Philippe LACOUDE poursuit une thèse de mathématiques appliquées au CEREMADE - Centre
de Recherches de Mathématiques de la Décision - à l'Université Paris-Dauphine. Il enseigne
la théorie des prix en licence d'économie et l'analyse économique de la fiscalité en
maîtrise dans ce même établissement.
Véronique de RUGY poursuit une thèse de sciences économiques au Laboratoire d'Economie
Publique à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Parallèlement, elle enseigne l'analyse
économique en première année d'économie à l'Université de Tours.
Les réactions de la presse
L'idée [de la flat tax] pourrait-elle faire son chemin en France,
où l'on répète à l'envie que "trop d'impôt tue l'impôt"? [...] L'économiste
Philippe Lacoude la reprend à son compte dans un livre à paraître en avril:
Action ou taxation. Ce chercheur à l'Université Paris-Dauphine propose
la mise en place en France d'un taux d'imposition unique sur les revenus de
15%. Fini les barèmes.
Gilles Delafon, Journal du Dimanche, 3 mars 1996.
Alors qu'Alain Juppé vient de confier à cinq experts le soin de dessiner
d'ici à la fin mai les grandes lignes d'une réforme fiscale, de nombreuses
critiques s'élèvent pour dénoncer le système actuel. [...] Dans Action ou
Taxation, le défi fiscal français (Slatkine, 98 francs), Philippe Lacoude
et Frédéric Sautet, libéraux convaincus, démontrent que la déréglementation
est la véritable source des recettes fiscales.
Anonyme, La Vie Française, 13 au 19 avril 1996.

Première image d'une bande dessinée de Jacques Faizant.
Jacques Faizant, Le Point, 20 juillet 1996.
A l'inverse, l'allègement des impôts qu'a expérimenté la France entre
1986 et 1988 s'était soldé par une augmentation des recettes fiscales, comme
l'a montré l'économiste Philippe Lacoude dans son ouvrage Action ou
taxation (éd. Slatkine). Au-delà de l'impact d'une conjoncture économique
favorable, il semblerait que les Français (surtout ceux qui subissent les
taux d'imposition les plus élevés) aient réagi aux baisses d'impôts en augmentant
leur activité, donc leurs revenus.
Laurence Ville, L'Expansion, 2 au 14 mai 1996.
Je vous recommande, dans un tout autre genre, aux éditions Slatkine,
de Philippe Lacoude et Frédéric Sautet, Action ou taxation, sur le
défi fiscal français.
Patrick Poivre d'Arvor, TF1, Ex-Libris, 9 mai 1996.
Action ou taxation par P. Lacoude et F. Sautet: une très belle
démonstration faite par des ultralibéraux du "trop d'impôt tue l'impôt" et
de la nécessité d'une réforme fiscale de grande ampleur en France.
Anonyme, Le Quotidien du Médecin, 29 mai 1996.
Deux livres de la plus haute importance viennent d'être publiés par les
éditions Slatkine:
- "L'arbitraire fiscal" par Pascal Salin, préfacé par Alain Madelin
- "Action ou taxation", ouvrage collectif sous la direction de Philippe
Lacoude et Frédéric Sautet, préfacé par Jacques Raiman.
Les auteurs, comme les préfaciers, sont les plus ardents mais aussi les
plus éminents représentants de la pensée économique libérale française.
Jean-Gilles Malliarakis, Bulletin Quotidien du CDCA,
4 juin 1996.
[Philippe Lacoude vient] de sortir un ouvrage, Action ou taxation.
Il a une approche très libérale de l'économie et spécialement de la fiscalité,
et milite donc pour une réforme fiscale extrêmement ambitieuse.
Denis Bachelot, Radio-Classique, 4 juin 1996.
En attendant les actes, je souhaite qu'Action ou taxation
devienne le livre de chevet de ceux qui prépareront ce "grand soir fiscal".
Parce qu'il n'y a rien de plus urgent.
Georges Mesmin, Député, Le Figaro, 9 juillet 1996.
Extraits
Les textes qui suivent sont des extraits d'Action ou taxation - Le défi
fiscal français. La plupart des références et notes de bas de page ont été
supprimées. Les premières figurent toujours dans l'ouvrage en
question qui comporte environ 200 références d'articles et de livres,
qui traîtent tous plus ou moins d'analyse économique de la fiscalité.
La France est le seul pays occidental qui n'ait pas réalisé
de réforme fiscale au cours des dix dernières années.
Durant la même période, c'est aussi le seul pays où le taux
de chômage a presque continuellement augmenté. La
courbe des faillites d'entreprises, celle du chômage et celle
des prélèvements obligatoires évoluent de manière à
peu près parallèle. Et nous en tirons évidemment la très
forte conviction qu'aucun retour durable à la prospérité
ne sera possible si l'on ne brise pas ce cercle vicieux.
L'excès des prélèvements, en réduisant les incitations
productives, limite la croissance de l'assiette des impôts.
Une partie importante du déficit budgétaire français -
comme du déficit des budgets sociaux - s'explique
justement par la faible augmentation des recettes. Les
réponses qui ont été données par les gouvernements
précédents ont contribué à la création du cercle vicieux
dans lequel se trouve la France: pour combler les
déficits, on a augmenté les impôts et les cotisations
sociales, ce qui semblait apporter une solution à court
terme. Mais l'augmentation des prélèvements freine le
développement économique, ce qui détruit de la matière
fiscale, et crée du chômage, ce qui provoque de nouveaux
transferts. Les déficits s'en trouvent aggravés et le
cercle vicieux se perpétue. C'est ce processus qu'il convient
de briser au plus vite pour faire émerger un "cercle
vertueux".
Pascal Salin, Partie 1, Chapitre 1.
Aux mesures conjoncturelles (discutables) prises par les
gouvernements jusqu'à maintenant, il faut donc
ajouter des mesures susceptibles d'entraîner une
modification réelle des comportements et des anticipations.
On ne peut plus se contenter d'ajustements à la marge. Il faut
créer un choc psychologique permettant aux agents
économiques de comprendre qu'une nouvelle politique,
ayant pour but de rétablir progressivement la rentabilité
de l'esprit d'entreprise, du travail, et du capital, est dès
maintenant engagée. Aujourd'hui, seuls la décrue et le
réaménagement de la fiscalité peuvent provoquer ce choc
et enclencher le cercle vertueux de l'investissement et
de la création de richesses. La réforme des prélèvements
obligatoires joue à la fois le rôle de politique
conjoncturelle et de politique structurelle. Elle permet de
relancer l'activité, à court terme, et de garantir une
croissance durable, à long terme.
Pascal Salin, Partie 1, Chapitre 1.
Les entreprises seront nombreuses et prospères - créant
ainsi des richesses et des emplois - dans la mesure
seulement où les hommes et les femmes qui en constituent
la substance (actionnaires, salariés, prêteurs, mais
aussi acheteurs et fournisseurs) seront incités à travailler,
à épargner, à investir et à embaucher. C'est pourquoi,
bien que notre objectif consiste à rechercher les meilleures
conditions de développement des entreprises, le
présent ouvrage dépasse de très loin ce qu'il est convenu
d'appeler la "fiscalité des entreprises". Il s'interroge
sur l'influence que l'ensemble des prélèvements peut avoir
sur les incitations productives. Il faut évaluer
l'influence que les prélèvements fiscaux et sociaux peuvent
avoir sur les comportements et les motivations de
tous les partenaires de l'entreprise.
Pascal Salin, Partie 1, Chapitre 1.
Dans le monde complexe qui est celui des économies
modernes, le crédit a depuis longtemps cessé d'être le
privilège de quelques usuriers. C'est le domaine des
banques. Mais il y a deux manières de faire du crédit.
On peut imaginer qu'elles agissent uniquement comme
intermédiaires financiers, les crédits qu'elles
consentent aux investisseurs ayant pour seule origine,
soit leurs fonds propres, soit les fonds que leurs
clients ont déposés auprès d'elles, précisément
dans le but d'effectuer des placements. La
caractéristique d'un tel système (dit de "crédit
réel") est que les crédits distribués
sont bel et bien représentatifs de ressources réelles à
l'usage immédiat desquelles leurs propriétaires légitimes
ont renoncé afin d'en tirer un rendement. On n'investit
que ce qui est réellement épargné, dans des conditions de
rémunération qui dépendent des préférences temporelles des
individus. Le taux d'intérêt (que l'on qualifie alors de
naturel) véhicule un signal "vrai" qui renseigne les
entrepreneurs sur les véritables choix faits par les agents
économiques entre présent et futur, et donc sur l'état
réel des ressources disponibles pour mener à bien leurs
projets. On est dans une situation qui, sans être
nécessairement parfaite, offre les meilleures chances
d'assurer, en souplesse et sans accident notable, la
coordination temporelle des multiples projets
d'investissement ou de consommation des uns et des autres.
La seconde solution consiste, pour les banques, à faire des
crédits qui n'ont pas nécessairement pour origine une
épargne correspondante, mais une création ex nihilo
de monnaie à partir des dépôts qu'elles collectent. Ce
n'est pas une pratique récente, mais qui s'est étendue et
généralisée au vingtième siècle depuis que le
développement de l'intervention de l'Etat dans le domaine
monétaire et financier a favorisé la cartellisation de
l'industrie bancaire. Aujourd'hui, c'est de plus en plus
essentiellement par le crédit, et en particulier le crédit
aux entreprises, que la monnaie, sous le contrôle des
autorités publiques, est désormais introduite dans
l'économie. Il en résulte une série d'enchaînements
cruciaux pour comprendre où se situe fondamentalement
l'origine des mouvements et fluctuations économiques -
et donc des crises.
Une banque a, en effet, d'autant plus tendance à accroître sa
production de crédits et de monnaie que la rémunération de
la monnaie est faible, et que le risque
attaché aux crédits est moindre. A la limite, si la banque
peut ne pas rémunérer les détenteurs de monnaie, et si le
risque sur les crédits est totalement évacué, même un
crédit à faible taux d'intérêt est profitable pour la banque, et
l'émission de monnaie est potentiellement infinie.
Ainsi, lorsque, comme c'est le cas dans les régimes
monétaires modernes, les autorités imposent le monopole
d'une monnaie nationale, interdisent ou limitent la
rémunération des encaisses monétaires, diminuent le risque
des opérations de crédit en garantissant les banques contre
le risque de faillite, et qu'elles multiplient les
procédures pour faciliter le financement par le système
bancaire des déficits budgétaires publics, on est dans
une situation où, malgré les mécanismes de contrôle
externe que les pouvoirs publics prétendent mettre en
place, la création de monnaie se fait à des rythmes
naturellement inflationnistes. Beaucoup plus
de crédits sont mis à la disposition des entreprises
qu'il n'y a réellement d'épargne nouvelle offerte.
Henri Lepage, Partie 2, Chapitre 1.
Nous comprenons bien que, contrairement aux déclarations
des autorités en 1979, le SME ne permet pas de régler
les problèmes du Serpent, puisque les mêmes
causes provoquent les mêmes effets. Le problème de
l'incompatibilité des objectifs internes et externes -
c'est-à-dire, respectivement les objectifs de
taux d'inflation et de taux de change - est
toujours présent avec, en plus, le fait que le système est
potentiellement plus arbitraire, puisque les montants des
différentes monnaies constitutives de l'ECU et les
marges de fluctuation peuvent être changés selon les
résultats des politiques monétaires. D'une certaine
manière, le SME permet aux autorités des banques
centrales de réaliser une moins bonne politique que
dans le Serpent, puisque les résultats peuvent être
"dissimulés" plus facilement. C'est la raison pour
laquelle le SME s'effondre moins rapidement
que le Serpent.
Frédéric Sautet, Partie 3, Chapitre 1.
La politique du franc fort, qui consiste à maintenir le taux
de change du franc et du mark le plus fixe possible,
contraint la Banque de France à beaucoup de contorsions
avec les taux d'intérêt. La monnaie allemande sert de
plus en plus de monnaie de réserve internationale (aux
dépens du dollar), ce qui en accroît la demande, relativement
au reste des monnaies, et surtout aux monnaies du SME dont le franc.
Ainsi, malgré un différentiel d'inflation très faible, voire même
favorable au franc, le mark s'apprécie par rapport à ce
dernier. Cette situation pousse vers le haut les taux
d'intérêt en franc et crée de sérieux problèmes dans
notre pays. Les britanniques l'ont bien compris, et nous
pouvons nous poser la question de savoir pourquoi les
gouvernements français soutiennent une opinion différente.
Frédéric Sautet, Partie 3, Chapitre 1.
Si l'on veut appréhender le problème du déficit budgétaire en France,
il convient de se souvenir qu'il n'a cessé d'augmenter au fil des 5 ou
6 dernières années passant de 1% du PIB à près de 6%.
Concrètement, il absorbe plus de 300 milliards de francs par an, soit
une ponction considérable sur la production des français. Un tel
chiffre représente plus de 820 millions de francs par jour, soit un
peu plus que le revenu d'une surtaxe de 10% sur l'ISF: le
produit de ce dernier est englouti dans le déficit budgétaire dès midi,
le 9 janvier de chaque année.
Plus simplement, le déficit de l'Etat engloutit la somme de deux
SMIC par seconde, jour et nuit, en semaine comme le week-end.
Depuis le début de la lecture de ces lignes, la dette de l'Etat s'est
creusée de 60 SMIC(1).
Philippe Nataf, Partie 5, Chapitre 1.
(1) Ces chiffres sont plus faibles que dans la réalité. En fait,
le déficit prévisionnel de 1995 est de 321 milliards de francs. A ce
déficit, s'ajoutent ceux de la sécurité sociale dont le montant cumulé
provisoire pour 1994-1995 est de 118 milliards.
Les détracteurs des baisses d'imposition, qui prétendent souvent
adopter un point de vue keynésien, ne sont en fait pas au courant
de la théorie économique. En effet, John Meynard Keynes lui-même
acceptait explicitement un tel point de vue, puisqu'il avait popularisé
ce concept fiscal dès 1933:
"L'argument disant que l'impôt peut être trop haut au point
de détruire son objet ne devrait pas sembler étrange; ni que,
si un temps suffisant est attendu pour en récolter les fruits,
une réduction d'imposition aura une meilleure chance qu'une
hausse d'équilibrer le budget. Pour prendre le point de vue
opposé... cela ressemblerait à un industriel qui, faisant
des pertes, déciderait d'augmenter son prix, et, lorsque la
baisse de ses ventes accroitraît les pertes, s'enfermant
lui-même dans la rectitude d'une arithmétique rigide,
déciderait que la prudence lui impose d'augmenter encore
les prix - et qui, lorsqu'à la fin son résultat est équilibré
par deux zéros, se trouverait dire que cela aurait été un
acte de joueur que de réduire le prix lorsque vous subissez
déjà une perte."
Philippe Lacoude, Partie 1, Chapitre 2.
[...] Même le FMI dénonce régulièrement la faiblesse de l'épargne -
en particulier dans les zones européennes et nord-américaines - en
l'attribuant à la pression fiscale et au haut niveau des déficits
budgétaires. En particulier dans un rapport récent, cet organisme
étatique dénonçait la hausse des taux d'intérêts qui, selon lui,
serait due à la forte demande de capitaux pour financer les déficits
publics qui évinceraient ainsi l'épargne privée à vocation industrielle.
Si l'on se réfère aux données du FMI plutôt qu'à celles de la BAD, le
résultat est identique et sans appel: le classement des zones géographiques
par le niveau d'épargne donne le même résultat que par le niveau de
croissance. En 1994, l'Asie épargnait 35% de sa production en moyenne,
contre 20, 18, et 17% pour l'Europe, l'Amérique du Nord et du Sud,
et l'Afrique respectivement.
Frédéric Sautet, Partie 2, Chapitre 2.
Cette hausse fut la plus forte de l'histoire des Etats-Unis en
temps de paix. Aidé par Andrew Mellon qui allait bientôt
démissioner faute de pouvoir, le Président Hoover soutint
le Congrès dans sa réforme des taux d'imposition qui passèrent
de 1,5% à 4% pour les bas revenus taxables, de 5% à 9% pour
ceux de 10000 dollars, de 18 à 30% pour les gens gagnant plus de
50000 dollars, et de 25 à 56% pour les revenus de 100000 dollars.
Alors que le taux effectif marginal était de 25% en 1931, il passa
à 63% en 1932.
Que pouvait-on attendre d'une telle hausse, sinon récolter
les mêmes recettes qu'en 1920, à l'époque où des taux comparables
avaient été en vigueur? Durant la première année, les revenus
des contribuables tombèrent de 4,7%. Les mêmes causes produisent
toujours les mêmes effets...
Mais cette chute n'eut pas la même ampleur sur toutes les
tranches de revenus. Pour les hauts revenus, situés au delà
de 300000 dollars, elle fut de près de 50%. Si l'on étudie
les différents niveaux de revenu, la baisse décroît à
mesure que le niveau de revenu considéré décroît. Seuls les
revenus de moins de 10000 dollars virent leur contribution nette
absolue augmenter. Ceci ne signife pas autre chose que
de dire que cette réforme fiscale fut une machine à
produire des pauvres. Car l'augmentation des agrégats sur
les bas revenus s'explique essentiellement par la
hausse de leur effectif.
Philippe Lacoude, Partie 2, Chapitre 3.
Enfin, ajoutons que l'expérience fiscale étrangère prouve une fois encore
que la fiscalité est une bien mauvaise chose. En Allemagne, les capitaux
fuient à tire d'ailes depuis maintenant trois ans. Pour le seul mois
de décembre 1994, le déficit de la balance des paiements est le double
de celui de l'année précédente, à 7,3 milliards de marks. Le capital
"productif" subit un véritable exode. De 1990 à 1993, les Allemands
ont investi 76,8 milliards de dollars à l'étranger tandis que les
étrangers n'investissaient que 9,9 milliards de francs en Allemagne.
D'après certains calculs, ce sont 250000 emplois nouveaux créés à
l'étranger qui "coûteront" 7,7 milliards de pertes de recettes
fiscales et 5,7 milliards de marks d'allocations aux chômeurs
correspondants.
La cause de ceci n'est rien d'autre que la création d'une retenue à
la source de 30% sur les revenus du capital. Ceux qui proposent une
telle mesure dans notre pays trompent les Français. En effet, ceci
ne rapporte pas de recettes fiscales et détruit l'emploi. Dans le cas de
l'Allemagne, cela n'a rapporté directement que 11 milliards de marks en
1993, et 16 milliards en 1994. Mais comme nous venons de le voir, elle
a coûté 13,4 milliards de marks en recettes non-réalisées. A ceci
s'ajoute le fait que les 250000 chômeurs dont nous parlions ne
produiront aucune richesse, qu'ils achèteront bien moins de produits
manufacturés, bref qu'ils ne créeront pas d'emplois en retour. Ainsi,
le bilan final d'une telle mesure est-il très négatif. Qu'il plaise
au peuple ne peut pas justifier que les hommes politiques s'abaissent
à ne pas expliquer son côté destructeur.
Philippe Lacoude, Partie 1, Chapitre 4.
Existe-t-il des raisons en faveur de l'existence de l'impôt progressif?
Après avoir montré les effets économiques désastreux de l'impôt
progressif, il nous faut chercher à comprendre pourquoi tant d'hommes
de l'Etat voient en cet impôt la norme de la justice.
Durant la campagne présidentielle française de 1995, l'un des deux
candidats a clairement expliqué que l'impôt sur le revenu est d'autant
plus juste qu'il est fortement progressif. La proposition sous-jacente
à cette affirmation est que si l'égalité des citoyens devant l'impôt
n'est pas juste, en revanche, l'égalité des revenus l'est. Ceci revient
à dire que la justice ne concerne pas le respect des droits individuels.
Autrement dit, la définition négative de la liberté n'est pas la
norme de la justice, mais seulement une norme.
Le problème revient alors à montrer qu'une situation juste n'est pas
celle qui émergera de l'interaction d'hommes libres (respectant donc
la liberté d'autrui), mais plutôt de l'usage de la violence entre les
hommes de façon à (re)distribuer entre eux les ressources qu'ils avaient
précédemment créées. Or, il est impossible de montrer que la violation des
droits individuels peut aboutir à une situation plus juste que lorsque
les hommes sont libres. C'est en effet une contradiction. Une situation
juste est nécessairement la résultante du respect des droits
individuels. Pour soutenir qu'une situation est juste si les ressources
ont été redistribuées entre les individus de façon à harmoniser leurs
revenus, il faut montrer que la norme de la justice est l'égalité
des revenus et non pas l'égalité des droits.
Chercher à démontrer que l'égalité des revenus est la norme de la justice
revient à chercher à montrer que tous les individus sont identiques dans
leur intelligence, leurs moyens et leurs aspirations, ce qui est bien
entendu empiriquement faux. La biologie ainsi que les sciences morales
nous ont montré que les individus sont tous différents, sans exception.
L'inégalité des individus devant l'impôt ne peut donc être justifiée que
par des raisons arbitraires, c'est-à-dire n'ayant rien à voir avec
le concept de justice.
Les partisans de la liberté individuelle, dont nous faisons partie,
et plus généralement ceux qui soutiennent l'égalité des individus
devant l'impôt, affirment leur thèse en montrant notamment que la
redistribution des revenus revient à retirer à l'individu
tout ou une partie de sa souveraineté pour la transposer aux hommes
de l'Etat. Loin de servir le noble idéal d'alléger le fardeau des
pauvres, la redistribution conduit à la croissance de l'Etat dans
des proportions dignes des romans décrivant des mondes totalitaires.
Ce n'est pas la pauvreté que les hommes de l'Etat combattent, c'est
l'accumulation de capital, la diversité des aspirations individuelles
et, par dessus tout, la liberté de chaque homme. Le marché, contrairement
à la coercition, ne distribue pas les revenus. Chaque homme obtient
dans l'échange les revenus de son travail en fonction des services
qu'il rend à autrui. Pourvu que les ressources physiques initiales
aient été acquises de façon légitime (c'est l'appropriation première),
la transformation de ces ressources physiques en ressources économiques
ne pourra aboutir qu'à une situation juste. L'inégalité des situations
et des revenus monétaires qui peut en résulter n'est que la conséquence
de la diversité humaine. Le marché libre, ou laissez faire, est
donc le seul moyen d'établir une société juste, au sens unique
du terme. Les résultats des actions individuelles sont justes parce
qu'issus de procédures justes (respect des droits),
et non parce qu'ils représentent une conséquence désirable
par certains. En d'autres mots, la liberté individuelle est
positivement la seule règle compatible avec la justice. La
défense de la liberté individuelle repose donc sur les lois
de la réalité. Seule une société basée sur la liberté
individuelle permet aux hommes de satisfaire leurs besoins dans
l'échange et d'atteindre le bonheur en choisissant leur propre
finalité. Ce sont les lois de la réalité, et notamment les
lois mises en évidence par la théorie économique (impossibilité
de faire des comparaisons entre individus des utilités marginales
personnelles) qui imposent la liberté comme pivot de
l'organisation sociale. La destruction du marché implique la
destruction de l'efficacité de la société libre à pouvoir
répondre aux besoins des individus.
Frédéric Sautet, Partie 2, Chapitre 4.
La science économique se concentre sur l'individu à cause
de son importance centrale, épistémologique et normative.
L'homme a ceci de fascinant qu'il possède une faculté
unique qui est la conscience rationnelle. La nature
de l'homme n'est pas celle des pierres, des arbres,
des nuages, mécaniquement déterminée, sans conscience et
sans volonté. Le comportement de l'homme n'est pas
comme celui des autres êtres vivants qui peuplent notre
terre, inné et automatique. L'homme, lui, est doté du
libre arbitre et de la liberté de la conscience.
Il est d'ailleurs curieux de remarquer que "le dogme déterministe"
ait été si souvent accepté comme la seule proposition
scientifique, alors que, de tout temps et en tout lieu, les
philosophes ont prouvé l'existence du libre arbitre.
Véronique de Rugy, Partie 2, Chapitre 5.
Les conclusions de cette série d'études semblent à présent
inévitables malgré leur caractère très alarmant sur l'état
de la connaissance du raisonnement économique des
économistes professionnels que sont les universitaires
français. A la lumière de ces études, nous sommes en mesure
d'affirmer qu'en France, les enseignants en science
économique rejettent de façon nette le raisonnement
économique. De plus, un étudiant étant influencé de façon
certaine par ses enseignants, on peut s'attendre à ce que les
étudiants sortant du baccalauréat ne fassent jamais
l'apprentissage de ce raisonnement qui devrait faire la
spécificité de l'économiste par rapport au non-économiste.
L'enseignement du raisonnement économique n'étant à
l'évidence guère meilleur au lycée qu'à l'université,
nous en déduisons qu'un étudiant qui entre à la faculté
avec des idées anti-économiques les verra renforcées au
contact de ses professeurs d'économie.
Dès lors, il semble raisonnable de conclure que les
conseils donnés aux hommes politiques par les experts
que sont supposés être les enseignants économistes
français sur la conduite des politiques économiques
dans notre pays soient peu fondés sur l'usage du
raisonnement économique. Ainsi, si l'on suppose qu'un homme
politique fait appel à l'expert en science économique quand
il s'agit de prendre une décision sur la politique
économique à mener, si l'on suppose que c'est à cet expert
qu'il fait appel lorsqu'il désire acquérir une information
spécialisée sur les conséquences d'une politique économique
donnée sur le comportement des individus qui composent la
société, on comprend qu'il ne soit en définitive sensibilisé
qu'aux seules idées anti-économiques. De la même façon, l'homme
politique n'aura en France, aucune difficulté à voir confirmer
par les experts de la science économique ses idées anti-économiques
et ne se verra en fait jamais opposer de résistance.
Nous avons ici l'une des raisons pour lesquelle les hommes
politiques, conseillés par des "experts en science économique",
n'utilisent pas ou rejettent l'analyse de la fiscalité.
Si cette analyse est fondée sur l'usage du raisonnement
économique dans sa démonstration de l'incidence de la hausse
des taux marginaux d'imposition sur l'offre de travail des
individus, et si le raisonnement économique est rejeté par les
"experts", alors il devient logique que ces derniers rejettent
aussi les conclusions de cette analyse, qui peuvent apparaître
contre-intuitives pour celui qui n'utilise pas l'outil de la
science économique.
Véronique de Rugy, Partie 2, Chapitre 5.
L'application du raisonnement économique au problème de
l'incidence de l'impôt va à l'encontre des intérêts des
hommes politiques. On peut donc se demander si l'Etat
n'est pas à l'origine de la disparition du raisonnement
économique et des économistes dignes de ce nom.
Mais on peut aussi se demander dans quelle mesure les
économistes ne bénéficient pas directement de la
croissance de l'Etat ou du moins de son existence.
Nous verrons dans ce qui va suivre que c'est le désir des
économistes de plaire aux hommes de l'Etat et de fournir
une rationalisation à leurs interventions, faute de quoi
ils seraient fort mal payés, qui les a conduit à adopter
l'analyse mathématique plutôt que le raisonnement
économique comme principe de recherche. Ce désir les a
poussés à faire comme si ce qui n'est pas mesurable
l'était quand même et à présenter les interventions de l'Etat
comme justifiées, en niant l'incidence négative de la fiscalité
sur l'activité productive humaine. C'est ainsi que l'on a vu
rejeter les principes des économistes de l'offre, c'est-à-dire
les analyses de l'effet Laffer.
Véronique de Rugy, Partie 2, Chapitre 5.
Il faudrait aussi qu'un gouvernement et les hommes qui le
composent n'appointent pas, dans ces universités, des gens
en charge de la catéchèse de la social-démocratie.
Aujourd'hui, l'attribution des chaires publiques
d'enseignement de l'économie ne s'effectue non
plus selon des critères d'aptitude du candidat, mais d'après
ses opinions. Les professeurs sélectionnés doivent
enseigner en conformité avec les normes étatiques et
s'efforcent de donner à la science économique le sens
qui répond aux directions qu'ils ont à coeur, ou qui leur
sont imposées. Ils sont dans l'obligation de suivre le
programme d'enseignement officiel. Il résulte de cela que
l'on ne peut professer et entendre professer dans les
universités qu'un seul et unique langage, qu'un seul et
unique discours: celui de l'économie pro-étatique. Ainsi,
les universitaires n'agissent malheureusement
que comme obstacle à l'apprentissage de la science
économique et du raisonnement qui la caractérise.
Véronique de Rugy, Partie 3, Chapitre 5.
D'autre part, nous pensons avoir clairement montré que les
Français les plus riches ne sont pas les seuls à payer l'impôt
progressif. Les pauvres paient aussi une contribution sociale très
forte sous la forme d'un fort taux de chômage. Cette proposition
se démontre par le fait qu'un impôt élevé entraîne une baisse
significative du niveau de l'emploi. Ainsi, si l'impôt est très
progressif, c'est-à-dire nul sur les bas revenus et haut pour
les riches, il se peut que les désordres qu'il entraîne sur
le marché de l'emploi se répercutent sur les gens les moins aisés:
ces derniers subissent alors le poids du système fiscal sans
être directement assujetis. Un tel phénomène est indéniablement
à l'oeuvre dans notre pays. S'il peut être politiquement
difficile d'expliquer à un pauvre qu'il subit les conséquences
directes de la progressivité de l'impôt, il nous semble pourtant
qu'une des méthodes efficaces pour lui donner des richesses
consiste à baisser la fiscalité. L'idée que la moitié des foyers
fiscaux ne paient pas l'impôt sur le revenu est exacte.
L'idée que l'intégralité des foyers fiscaux subit la progressivité
de l'impôt, sous la forme d'une faible croissance des revenus,
ne l'est pas moins.
Frédéric Sautet et Philippe Lacoude, Annexe A
Le cinquantième homme
Une autre histoire triste circule à propos d'un patron qui aurait voulu
embaucher ce même smicard dans sa moyenne entreprise de 49 personnes.
L'histoire ne dit pas non plus qu'elle était la structure de salaires
dans cette firme, mais nous pouvons fixer le montant de la masse
salariale brute à 10.000.000 de francs.
La loi oblige les entrepreneurs à avoir un comité d'entreprise au delà
de 49 personnes. Ce comité vit d'une dotation pour ses activités et son
fonctionnement. Cette dotation se calcule comme un pourcentage de la
masse salariale. Le taux minimal en vigueur est de l'ordre de 1% de
la masse salariale.
L'embauche de ce chômeur à un salaire égal au SMIC aurait entraîné
un surcoût annuel de 100.000 francs. Le coût réel de ce nouvel employé
aurait été de 205.737 francs par an, soit un coût mensuel de 17.145 francs
par mois. Le pouvoir d'achat de cet employé se serait élevé à 4.067 francs
(en tenant compte de la taxe à la valeur ajoutée). Soit 23,72% de son coût
réel pour l'employeur...
L'histoire prétend que la personne en question cherche toujours un
emploi.
Frédéric Sautet et Philippe Lacoude, Annexe A
En 1921, la réforme d'Andrew Mellon s'est traduite par
l'augmentation de 122% des recettes fiscales perçues sur les
revenus de plus de 100.000 dollars, alors même que le taux marginal
d'imposition passait de 77% à 24%. En seulement quatre ans, entre
1924 et 1928, la base fiscale et les recettes de l'impôt augmentèrent
de 259% et 134% respectivement. Sur l'ensemble de la période, en 7
ans, la base fiscale - i.e. la somme des revenus de plus de 100.000
dollars - augmenta de 512% (alors même que les effets de l'inflation
étaient négligeables): une division par trois du taux marginal
d'imposition s'est donc traduite par une multiplication par six des
revenus de la tranche considérée. Rappelons que la réforme du Président
Kennedy en 1962 s'est également soldée par une hausse de la base taxable
sur les revenus de plus de 1.000.000 de dollars: pour mémoire, celle-ci
a augmenté de 93,89% - en deux ans et demi - alors que le taux maximal -
i.e. celui de la tranche supérieure - baissait de 21% passant de 91% à
70%. De la même manière, sous le Président Reagan, les recettes perçues
sur les revenus du 1% d'Américains les plus riches ont progressé - en
quatre ans - de 89,60%. Dans le même temps, l'assiette fiscale en
question s'élevait de plus de 108%. De même, en Angleterre, en
quatre ans, alors que le taux marginal d'imposition passait de
83% à 40%, les recettes perçues sur le premier pourcent d'Anglais
les plus riches progressaient de 0,3 milliards de livres, traduisant
une augmentation de près de 130% de la base marginale. Entre
1984 et 1988, en France, les revenus des 10% de Français les
plus riches en terme de revenus nets par part ont augmenté de 15
à 30% du total des revenus imposables de l'ensemble des foyers
fiscaux.
En d'autres termes, la plupart des réformes fiscales que nous
connaissons bien ont conduit au doublement des revenus des
populations statistiques concernées dans un délai de deux à
quatre ans.
Philippe Lacoude, Annexe B
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